qui aboutit à l’autonomie de la Principauté de Serbie, officiellement reconnue par la Sublime Porte le 12 décembre 1830. Après qu’il eut lui-même visité la Serbie autonome, le poète français Alphonse de Lamartine fit découvrir aux romantiques la culture serbe ; en 1833, il fit graver une inscription sur le site de Ćele kula (en serbe cyrillique : Ћеле Кула), la « tour aux crânes », élevée par les Ottomans qui y incrustèrent les crânes des soldats serbes morts à la bataille du mont Čegar (19 mai 1809) : « Qu’ils laissent subsister ce monument ! Il apprendra à leurs enfants ce que vaut l’indépendance d’un peuple, en leur montrant à quel prix leurs pères l’ont payée. »25
Malgré cela, les Turcs persécutèrent encore les Serbes dans les territoires qu’ils gardaient sous leur contrôle. Les massacres des Ottomans sur les Serbes ont inspiré à Victor Hugo, grand défenseur du peuple serbe, un célèbre discours, Pour la Serbie, écrit en 187626. Ce discours est aujourd’hui considéré comme l’un des actes fondateurs de l’idée européenne27.
En 1878, le Congrès de Berlin accorda son indépendance à la Serbie et, en 1882, le prince Milan IV Obrenović devint roi de Serbie sous le nom de Milan Ier.
Royaume de Serbie ou le miracle de 1903[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Royaume de Serbie.
Lors de son arrivée sur le trône en 1903. Pierre Ier de Serbie, prince francophile et admirateur de la pensée de John Stuart Mill, mit en place la constitution la plus démocratique et la plus libérale d'Europe après celle de Grande-Bretagne. Elle s'inspirait aussi de la constitution de 1888, abrogée par Alexandre Ier de Serbie en 1889.
Le régime était une monarchie constitutionnelle de type britannique28.
Les électeurs y représentaient 23 % de la population28.
L'école publique fut fondée en 1884, offrant à la Serbie ses premiers bacheliers28.
La liberté de la presse, d'opinion et d'association permit en 1909 l'existence de 79 journaux, dont 13 quotidiens29.
Enfin, la mise en place de syndicats, dont la confédération générale des ouvriers en 1904, favorisa l'adoption de lois sociales avancées29.
Cette liberté fit éclore un foisonnement culturel qui fit de Belgrade un phare de liberté pour tous les Serbes des Balkans, ainsi que pour les Croates et les Slovènes qui souffraient dans l'Empire d'Autriche-Hongrie et qui rêvaient d'une Yougoslavie démocratique. Certains milieux réactionnaires à Vienne n'attendaient que l'occasion d'écraser le piémont serbe avant qu'il ne contamine les esprits de tous les Slaves du sud de l'Empire29.
La Serbie reçut le surn
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